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Ballet de Marseille

'Don Quichotte'

par Haruyo Yokota

Soirée du 8 novembre 2003 -- Palais Garnier, Paris

Don Quichotte: Julien Dérouault - Sancho Pança: Angelo Vergari - Kitri: Mie Miyazawa - Basile: Gilles Porte - Dulcinée: Valentina Pace - Espada: Frédéric Tavernini - La Danseuse des rues: Delphine Baey - Gamache: Marcos Marco - Lorenzo: Thibault Amanieu

Marie-Claude Pietragalla nous présentait sa version de "Don Quichotte" en alliant la traditionnelle partition de Minkus mais également celle de Manuel de Falla. Elle remanie la chorégraphie en ajoutant des scènes tournées vers le contemporain et accorde une plus grande importance aux personnages de Don Quichotte et Sancho Pança, qui sont plutôt des personnages très secondaires dans la version de R. Noureev.

Le prologue commence par un solo de Don Quichotte interprété par Julien Dérouault . La musique de M. de Falla est extrêmement judicieuse ici. Elle permet de nous présenter tout l'argument du ballet. Grâce à cette partie, le public découvre ce superbe danseur, qui interprète un Don Quichotte vaillant, cultivant un grand espoir "de devenir un jour gouverneur d'un archipel". A ses côtés, Angelo Vergari (Sancho Pança) le conforte dans ses idées, l'emportant ainsi à travers les multiples aventures qui vont leur arriver.
Leurs duos à travers tout le ballet sont très bien réglés. Deux danseurs ayant une harmonie commune et qui arrivent à dégager énormément de choses qui touchent le public.

Mie Miyazawa et Gilles Porte (Kitri et Basile) apparaissent donc au 1er acte (deux danseurs que l'on avait pu voir dans Capriccio à Versailles en mars dernier). M. Miyazawa se joue des difficultés bien que je la trouve un peu effacée dans son personnage. De son côté, Gilles Porte est un Basile amoureux qui joue avec Kitri.
On remarquera Benjamine Dupont en amie de Kitri qui est remplie de talent. Même si sa grande soeur se trouvait dans la salle, elle a su être parfaite dans ce rôle et épaté le public.

Frédéric Tavernini danse un magnifique Espada. J'ai cru comprendre qu'il était plus tourné vers le contemporain et non vers le classique. Il a su démontrer le contraire grâce à ce rôle qui lui va parfaitement. Une grande joie de revoir Delphine Baey , très belle, dans la danseuse des rues. Le public a pu apprécier cette danseuse dont la technique est irréprochable mais aussi, qui a une interprétation juste du rôle: aguicheuse mais à la fois sensuelle et autoritaire. Une danseuse des rues parfaite !

La 1ère scène du 2ème acte nous emmène dans le campement des gitans où leur chef, Frédéric Tavernini (Espada à l'acte précèdent) prouve sa facilité technique dans chaque apparition. Il possède des sauts impressionnants ce qui le rend comme un chef intouchable. A la fin de cette scène, après avoir reçu une décharge de l'éolienne (le moulin dans la version de R. Noureev), le corps inerte de Don Quichotte, dégage de la fumée ce qui est assez impressionnant !

La scène de la vision (2ème scène de l'acte 2) de Don Quichotte est très bien chorégraphiée. Les costumes peuvent paraître, aux premiers abords, assez spéciaux, mais l'idée de mettre une lampe dans les coiffes des dryades est assez intéressante, ce qui crée comme un brouillard à travers l'épaisse fumée qui représente le rêve de Don Quichotte. Dans cet acte, Valentina Pace est une très bonne reine des Dryades jouant également sur les difficultés techniques. Agnès Lascombes en Cupidon, est parfaite.

La scène 1 de l'acte 3 est celle qui a sans doute le plus marquée le ballet. Le public a du mal à se concentrer sur Basile qui vient de mourir au centre et Don Quichotte, sur le côté, qui commence à pleurer à chaudes larmes! Cette scène est de manière évidente, bien ressentie grâce au corps de ballet mais aussi par les rôles de Sancho Pança et de Don Quichotte qui font de cette scène, un moment magique.

Julien Dérouault a pu démontrer encore une fois, son talent de danseur mais aussi de comédien. Lors du 1er acte, sur le côté de l'avant scène, il est totalement plongé dans son rôle et commence à faire quelques pas de danse de manière comique emporté par la musique lors des variations ou des pas de corps de ballet. Tout ceci nous a montrer que ce danseur est débordant de talent. Et l'on pouvait l'entendre dans la salle grâce aux rires répétés et fréquents du public !! Gamache, dansé par Marcos Marco est aussi interprété d'une manière remarquable. De même, Thibault Amanieu représente un père (Lorenzo) autoritaire en maniant le comique de gestes et de situation très habilement. Lors de cet acte, on remarquera la présence de la danseuse des rues et d'Espada qui forment un joli couple. Delphine Baey a su démontrer une fois de plus, son grand talent qu'elle cultive et qui grandit d'année en année.

Le couple Kitri/Basile a eu quelques problèmes lors de portés qui ont fait frémir le public de peur que Mie Miyazawa tombe et cela 4 fois de suite. Cependant, ils ont su assurer la suite de ces mésaventures en réussissant toutes leurs variations ainsi que la coda final.

La dernière scène de l'acte 3 rajoutée par Marie-Claude Pietragalla est très intéressante du fait qu'elle nous fait voir le dernier moment avant que Don Quichotte meurt: dans son esprit, tout se confond, tout est détruit. Les couples se mélangent retrouvant la danseuse des rues avec Basile, la Dulcinée, qu'il voyait comme une femme parfaite n'est en réalité qu'une femme du peuple... Julien Dérouault nous fait ressentir tout son désarroi. Il se laisse tomber sur le dos sans se retenir. Cette chute vraiment impressionnante termine le ballet et cloue le spectateur...

De très belles représentations que le Ballet de Marseille nous a présentées. Un très très grand Bravo à Marie-Claude Pietragalla pour ce ballet qui a été un succès total. Cependant, j'ai trouvé désolant que l'orchestre se permette un nombre important de fausses notes ainsi qu'une cadence extrêmement lente ce qui a complètement déstabilisé les danseurs.

Edited by Catherune Schemm

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