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Compagnie Post-Retroguardia
- Paco Dècina Théâtre de
la Ville, Paris par Pascale Orellana
Neti-Neti est un duo où une atmosphère ouatée englobe entièrement le spectateur grâce à une gestuelle recherchée et raffinée, à la musique originale et au dispositif lumineux discret mais efficace. Cette ambiance qui unit le public à un univers quasi-onirique se trouve être essentielle pour le ramener en le coeur de la matière organique et gestuelle. Le spectateur est pris dans une instance qui le saisit, une communion. Les effets musicaux sont très porteurs. Le flux, cette instance énergétique
qui anime le mouvemnet et dont on ne connaît pas le genre,
s'inscrit comme une citationv itale pour la danse à venir.
On est ici dans une forme minimale du geste qui prend toute la
force de ses interprètes mais qui redonne toute sa puissance
au spectateur. Immobilités, contacts, détachemnts,
frôlements, lenteur offrent des sensations amplifiées
par des jeux visuels de bandes lumineuses parallèles dans
les noirs-gris qui font naître des vibrations visuelles.
De plus, les quasi-immobilités des interprètes créent des écarts perceptifs où la danse ne surpasse pas le geste, où le spectateur appartient à cette union. Le duo exploite beaucoup la synchronisation comme dans une vague, un roulis de gestes qui ne s'arrête jamais. Le mouvement est toujours prix dans le même flux, sans ruptures. Lorsqu'ils s'arrêtent, ce n'est qu'une suspension qui déjà redémarre ailleurs. Le geste se déploie ici et là, puis va se retourner et se dégager sur un autre front. Ensemble, Valéria Apicella et Paolo Rudelli illuminent. Séparés, ils se confondent avec l'espace et possèdent cette présence qui les rend intemporels. Ils dissolvent l'unité mais ne fracturent pas le tout. Il semble ainsi que l'on remonte le cours du mouvement dansé, à la recherche d'une essence.
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