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Alvin Ailey American Dance Theater

Deuxième programme :
Divining de Judith Jamison, Pas de Duke et Revelations d'Alvin Ailey, Bad Blood d'Ulysse Doves

Nouveau Festival de Danse de Paris
Théâtre du Châtelet, Paris, France
4 octobre 2001

par Catherine Schemm


Harmonie, Tradition et Révélation

Le Nouveau Festival International de Danse de Paris accueille la troupe d'Alvin Ailey pour deux programmes. Si le premier programme semble tourné vers les créations actuelles de la troupe, exception faite de Revelations, ce second programme est constitué comme un hommage à ceux qui ont fait l'American Dance Theater.

Toutes les oeuvres sont très liées à la personnalité du chorégraphe Alvin Ailey et de ses disciples, avec son goût pour la musique traditionnelle, les solos masculins vigoureux, les danses ondulantes féminines. Tout est complètement ancré dans la culture noire-américaine et ses racines africaines, que ce soit dans la musique, ou la chorégraphie. La chorégraphie présente toujours un mélange de danse "traditionnelle" mélangé au plus pur style néo-classique.

Le programme présentait quatre oeuvres en complète harmonie. Oeuvres du maître, de sa muse ou de son élève. Chaque oeuvre est soigneusement étudié dans ses éclairages.

La soirée s'ouvre par Divining, première oeuvre chorégraphiée par Judith Jamison, la muse d'Alvin Ailey et l'actuelle directrice de la troupe. Sur une musique de percussions africaine et sur fond de décor évoquant au départ quelque élitre d'un insecte, puis la jungle, ce ballet évoque l'arrivée de "pélerins" sur une sorte de terre promise qui est bénie et peut alors être colonisée. L'oeuvre évoque dans sa chorégraphie les danses tribales africaines, on admire le contrôle et la retenue des mouvements de Jeffrey Gerodias.

Vient ensuite le fameux Pas de Duke. Ce pas de deux créé en 1976 pour Judith Jamison et Michael Baryshnikov évoque irresistiblement les pas de deux classiques dans sa construction avec entrée rythmée, adage langoureux, variations masculine et féminine et enfin coda où les deux protagonistes rivalisent de technique sur la musique de Duke Ellington. Bahyiad Sayyed et Cliffton Brown en sont les brillants interprètes. Si les pas de deux ne comportent aucun porté, on retrouve un langage très classique dans la variation masculine avec grands jetés, tour en l'air, etc. Là encore on admire la fluidité des mouvements et la virtuosité de Cliffton Brown.

La deuxième partie est constituée par Bad Blood d'Ulysse Doves, ex-danseur de la troupe devenu chorégraphe et qui retrouve les thèmes chers à son maitre, à savoir des solos masculins tout en retenue, en contrôle des équilibres mais aussi en force. Le décor est simple, devant un fond noir où se détache des cordons blancs, un homme évolue devant un banc, il est bientôt rejoint par trois couples de danseurs. On admire dans ce solo, Vernard J. Gilmore qui est parfait dans sa variation tout en équilibre, contrôle, retenue. Le ballet évoque l'amour passionnel avec trois pas de deux tout en puissance, où les danseuses prennent des risques incroyables dans les bras de leurs partenaires. C'est une ode au dynamisme, à la passion et à la force.

La soirée s'acheve sur le ballet culte d'Alvin Ailey, Revelations. Sur une musique composée de plusieurs négro-spirituals, le ballet se compose de trois parties, la première partie "Pilgrim of Sorrow" est austère et évoque les pélerins. Le pas de deux "Fix me Jesus" révèle une très belle danseuse Wendy White Sasser. La deuxième partie "Take me of the water" semble évoquer le sud des Etats Unis avec les danseuses en longues robes blanches, le tableau est superbe avec les voiles évoquant la rivière, la danseuse et son ombrelle immense et sa luminosité. La troisième partie "Move, member move" s'ouvre sur un pas de trois où les danseurs rivalisent de technique, sauts ahurissants, vitesse d'exécution, souplesse, William Isaac, Dion Wilson et Guillermo Asca en sont les brillants interprètes. Les trois derniers chants rassemblent danseuses en robes longues jaunes et éventails et corps de ballet masculin. Ces danses semblent montrer la joie des noirs devenus américains. Celle-ci atteint son paroxysme dans le fameux "Rocka my soul".

La troupe recueille un énorme succès public et parfois on a plus l'impression de se trouver à un concert pop qu'à un spectacle de ballets. En effet tout y contribue, entre battements de mains pour scander le "Rocka my soul", "ooooh" enthousiastes remplaçant les traditionnels bravos, et tapements de pieds. Certains spectateurs font même une standing ovation spontanée. Devant cet accueil, la troupe a bissé le "Rocka my soul" devant un public en délire.

Bref c'est une soirée de très haut niveau où l'on admire la puissance et le dynamisme des danseurs, leurs silhouettes magnifiques, le contrôle absolu de leurs mouvements, leur souplesse extrème, qui les fait souvent ressembler à des félins. L'expression des danseuses semble plus limitée mais elles ont elles aussi une merveilleuse manière de bouger. Tous ces ballets ont également un côté très sensuel de par la gestuelle utilisé dans leur pas de deux. De très grands artistes au service de leur maître et des disciples d'Alvin Ailey.

 

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édité par Marie.


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