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| Tournée du Bolchoï à Paris Le Triomphe de la jeunesse ! par Catherine Schemm Janvier, 2004 -- Palais Garnier / London
Absent de la scène parisienne depuis sa dernière tournée en 1992, la troupe moscovite nous revient avec trois programmes qui nous permet de voir l’étendue de leur répertoire, que ce soit le plus pur académisme avec le Lac des Cygnes, la reconstitution historique avec la Fille du Pharaon remontée par le chorégraphe et danseur français Pierre Lacotte, et (en remplacement de Chopiniana et de la Dame de Pique), une nouvelle présentation de Clair ruisseau dans une chorégraphie du nouveau directeur du Bolchoï à savoir Alexei Ramantski. Le simple nom de Bolchoï vit accourir les foules, cela faisait quinze ans que le théâtre n’affichait pas pour de la danse « complet » tous les soirs. Même les places à visibilité très réduites furent vendues !!! Toutefois, le public parisien
fit un accueil chaleureux mais aussi mitigé à cette troupe
métamorphosée. Adieu les danseurs un peu lourds, bonjour
les danseurs fins et élégants, finies les jambes aux genoux
non tendus, bienvenue les pointes travaillées et les superbes longues
jambes fines et déliées totalement ! Pour la Fille du Pharaon, le public fut aussi surpris. Le soir de la première, il resta quasi insensible aux fastes de la production. Ensemble, variations se succédèrent sans susciter une grande passion, pas non plus d’applaudissements aux changements de tableaux, bref un accueil très froid pour cette production pourtant sublime ! Les choses changèrent avec les soirs, et la salle fut bouillante lors de l’unique matinée de ce spectacle. Là encore Svetlana Zakharova fut la vedette incontestée même si le nom de Maria Alexandrova retentit encore ! La dernière production était une comédie russe, Clair ruisseau. Contre toute attente, ce fut ce ballet à l’atmosphère d’auto-dérision qui rallia tous les suffrages, de par son atmosphère de pure comédie, l’interprétation exceptionnelle de ses danseurs, qui pour la première fois de leur tournée avait quelque chose à exprimer au niveau du jeu et naturellement aussi par leur technique. Même si cette production n’a pas le chic des œuvres de Mac Millan, de Neumeier ou encore d’Ashton, elle a la fougue de ses interprètes pour elle, ainsi qu’une magnifique partition de Chostakovitch. La grande révélation de cette tournée fut Maria Alexandrova, soliste de la troupe, elle a conquis le public parisien, par sa silhouette fine et longiligne, la puissance de ses sauts, sa présence sur scène, sa musicalité et ses qualités d’interprètes. La confirmation fut l’aura de Svetlana Zakharova qui reviendra danser Giselle fin février aux côtés de Laurent Hilaire. On découvrit aussi quelques jeunes danseurs comme Ian Godovski, Russlan Skvortskov, Dimiti Belogolovtsev… Le grand triomphateur est aussi le corps de ballet, discipliné mais heureux d’être sur scène… Seul regret, pourquoi l’orchestre du Bolchoï n’est-il pas venu accompagner ses danseurs et pourquoi confier les partitions à l’Orchestre Colonne et non à celui de l’Opéra de Paris ! Le spectateur parisien bien que comblé par le Ballet de l’Opéra de Paris sut apprécier les qualités et la magie de la troupe moscovite et n’attend qu’une chose, une moins longue absence parisienne !
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